Madame la Ministre.




Nous avons l’honneur de solliciter un rendez-vous, d’autant plus rapide que les échéances sont immédiates.

Nous avons en effet appris la récente décision du Ministère de la culture, de cesser, dès 2018, de soutenir directement les actions cinéma, jusqu’alors financées sur le programme 334, pour un transfert immédiat au CNC sur ses crédits.  

Cet arbitrage a provoqué la surprise.

Il nourrit, partout en France, une incertitude et une inquiétude d’autant plus vives que ce transfert survient alors que le CNC venait d’annoncer aux associations déjà placées sous sa tutelle, un risque problématique de baisses significatives de son accompagnement en 2018.

Parallèlement à ces questions financières, les modalités d'expertise des dites actions ne sont absolument pas définies.

À ce titre, nous estimons que les DRAC, à travers leurs conseillers cinéma, représentent des partenaires privilégiés expérimentés et éclairés, sur lesquels il convient de s'appuyer.

Vous le savez, les porteurs de projets – qu’il s’agisse de festivals, d’associations territoriales, de salles de cinéma, ou d’associations de programmation et d’éducation populaire, etc… – jouent un rôle décisif dans l’aménagement culturel des territoires et dans l'éducation à l'image.

C’est au bénéfice de nombreux spectateurs et de l’ensemble de la filière, que ces structures sont pleinement engagées dans la diversité culturelle, et promeuvent et exposent, par exemple (et souvent avec l’implication des auteurs) : le documentaire de création, le patrimoine, le cinéma d’animation, les courts métrages, les cinématographies peu diffusées –. Autant d’actions qui représentent, en outre, un véritable enjeu économique, et contribuent directement à la diversité et la vitalité de l’exceptionnel parc de salles français.

Les associations de la diffusion et de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle ont, par ailleurs en commun, d’être des rouages essentiels de l’éducation à l’image au plus près des publics. Nous nous réjouissons de l'annonce de votre priorité donnée à l'éducation artistique. En revanche, il nous apparaîtrait pour le moins paradoxal que, dans le domaine du cinéma, ceux qui en sont les premiers opérateurs et relais sur le terrain soient parallèlement affaiblis et voient leurs actions de diffusion menacées. Nous souhaitons aussi attirer votre attention sur la fragilisation du travail associatif provoqués par le brutal ajournement des "emplois aidés" dans le secteur non marchand.

A nos yeux, dix ans après une première vague de transfert des crédits déconcentrés du ministère vers le CNC, et alors qu’une nouvelle génération de conventions triennales entre l’Etat et les Régions voit le jour cette année, il est essentiel que cette nouvelle étape soit enfin l’occasion de consolider le champ de la diffusion et de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle et de fixer les modalités d'une pérennisation de son financement. Dans l’attente, nous vous prions de recevoir, Madame la Ministre, nos plus respectueuses salutations.